les “Moirans” …

Mardi j’ai appris qu’une étape du Tour de France 2016 partira de Moirans (Jura). J’ai entendu Alexis Vuillermoz dire combien il était content de retourner courir sur ses terres.

Son club le “Vél’Haut-Jura Saint-Claude” a organisé cette année un gentlemen à son nom. Si vous cliquez sur Gentlemen Alexis Vuillermoz vous verrez un article de la “Voie du Jura” consacré à cette manifestation. A la fin du reportage j’ai été surpris de voir mon pote René en photo avec le vainqueur d’une étape du Tour 2015. Sacré cachotier quand même le René !  Je rappelle que le père Charvin est un sacré spécialiste des courses de côte. Je lui adresse ce petit clin d’oeil en passant. Dernièrement il m’a appelé pour aller rouler. Alain, un autre pote des années gentlemen, m’a téléphoné hier pour faire une sortie ce week-end. Jean-Michel, c’était il y a quinze jours. Cela fait plaisir de voir que la famille … du vélo ne t’oublie pas. J’ai dû refuser leurs invitations. Je suis toujours embêté avec ma main et le toubib vient de me prescrire une attelle de repos pour la nuit.

Quand j’ai entendu le nom de Moirans-en-Montagne cela a fait tilt dans ma mémoire. Lorsque je travaillais en gare de Moirans (Isère), nous recevions par erreur des colis destinés à Moirans (Jura). C’était l’époque où les trains de voyageurs acheminaient les colis express. C’était un service à la pointe de la régularité. Un premier de la classe a décidé un jour de le supprimer. D’autres premiers de la classe se sont succédés et depuis nous assistons à un irréversible mouvement de démembrement de la SNCF. A chaque fois qu’une nouvelle entité est créée, la direction fait appel à des gens dont la principale qualité est leur soumission. En général ce sont des incompétents notoires qui sautent sur la première opportunité pour faire carrière. Les meilleurs agents de mon ancien service, eux, restaient fidèles à leur filière d’origine. Lorsque tu entrais à “l’Exploitation” spécialité “Mouvement” devenue par la suite “Transport”, c’était comme entrer en religion. Tu étais habité par un véritable sacerdoce. Le savoir “faire passer des trains” restera à mes yeux la plus belle des fonctions de mon ancienne maison, la plus noble aussi.

Mardi soir quand j’ai vu à la télé les premières images du saccage de la gare de Moirans en Isère, cela m’a fait de la peine. Le bar-restaurant de la gare, c’était un peu la salle d’attente des voyageurs autrefois. J’ai reconnu la route sur laquelle brûlaient des voitures. Je l’empruntais pour aller au boulot. Cela n’amènerait rien que je jette encore des “pneus” sur le feu mais j’ai trouvé que les CRS étaient moins virulents que lorsqu’on les envoyait sur les grévistes cheminots, de mon temps…

J’ai fait “Mai 68”. Un mois de grève et de manifestations. Les temps ont changé depuis. J’ai connu les années où les patrons savaient s’arrêter et où le gouvernement savait renoncer. Dernièrement j’ai entendu une anecdote qui illustre bien mes souvenirs.  La femme du général De Gaulle aimait aller faire le marché, seule sans garde du corps. Un jour en revenant chez elle, elle dit au général : ”Les gens rouspètent car les prix flambent sur les étiquettes”. Un mois plus tard le gouvernement gelait les prix…

Samedi je n’ai pas couru le gentlemen de Moirans-en-Montagne. Je serais bien incapable de suivre mes anciens potes. Remarquez, je me dis qu’eux aussi ils ont dû prendre de la bouteille et ils vont certainement moins vite qu’avant. Vivement que je puis re-rouler pour aller vérifier ! Dans les années 90 les coureurs se mettaient une boucle d’oreille. C’était la mode. Avec Gérard, mon coéquipier de gentlemen, on s’était dit que si un jour nous franchissions la moyenne de 40km/h, nous passerions à l’acte. Ce fût bientôt chose faite. Une année, derrière Fabrice, j’ai roulé à 42,5 km/h de moyenne. A mi-course, nous avions rejoint Alain et Gérard partis devant nous. A ce moment-là la moyenne était de 44 km/h. J’avais demandé à Fabrice de se relever vis-à-vis de mes potes. Nous avions fini 5ème au scratch. Ce jour-là, si je ne rappelle pas mon gendre, nous gagnions. C’était en 1999, à St-André-de-Corcy. Je viens de vérifier sur mon classeur. La veille (si, si !), au gentlemen de Saint-Vulbas, au 20ème km Fabrice me crie que notre moyenne est de 45km/h. Je vous assure que c’est vrai. Et encore j’en étais qu’ à mes débuts (10è et 11è gentlemen sur 60 disputés). Vantardise pour vantardise, j’ajouterai que dans ces années-là, fallait en avoir dans le cuissard pour essayer de suivre Monégat sans le rappeler.

J’ai gardé mon anneau à l’oreille. Cet artifice, malgré les apparences, n’a aucun rapport avec les gens du voyage qui ont sévi dans mon ancienne gare. En ce moment je ne roule plus mais  j’arrive quand même à alimenter mes Cahiers de “voyages”. Il y a des gens du voyage qui ne se sédentarisent jamais. Il suffit de faire comme moi et de rester avec une jeune compagne. Rien ne sert d’en changer, il suffit de “s’atteler” à la tâche… et de ne pas mettre le “pouce”…

                  006 1999, année bonheur…

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