sac a dit …

            … sac-à-dos

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Je les présente :   à droite le  sac de la Foise (50l), à gauche le sac du Chupe (60l).  La photo a été prise au cours de la deuxième étape de notre dernier périple nous ayant conduits des Hautes-Alpes jusqu’aux Alpes-de-Haute-Provence, sur le GR 653D. Nous avions couché à Notre-Dame-du-Laus et nous nous rendions à Tallard. Ils sont à terre, protégés par un petit tapis de sol en plastique, entre le village de Parjayes et le hameau de La Roche, pour se dégourdir un peu les bretelles. Une courte pause avant une dégringolade en sentier abrupt, un peu à l’aventure, beaucoup même…

“Sac a dit” raconte :

«En fait pour rallier Notre-Dame à Tallard en évitant Gap et son agglomération, le Chupe avait trouvé un chemin sur la carte IGN. Comme il était tracé en petit et qu’il comportait des courbes de niveau inquiétantes, il a voulu se rassurer en téléphonant à un autochtone. C’est la maire de Parjayes qui lui a donné le numéro de téléphone d’un chasseur du coin. Ce dernier l’a rappelé et l’a renseigné. Il avait même demandé quelle était la date du  jour de notre passage, voulant nous accompagner s’il était disponible. Quelle gentillesse ! JP lui a envoyé un message au bas de la descente acrobatique “réussie” en lui redisant tous ses remerciements. En passant à La Roche, un monsieur nous voyant encore hésitants, nous avait rassurés. Dans le coin, les gens sont sympas. J’ai quand même eu l’impression, vu la végétation envahissante dans les cultures juste avant la plongée, que nous étions les premiers gros sacs à passer par là cette année… »

“Sac à dos” vous livre une série de clichés insolites, pris tout le long du chemin :

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“Sac a dit” raconte :

«L’étape de Tallard à La Motte-du-Caire restera dans nos mémoires. Elle fût très éprouvante. Depuis 12 ans et demi sur les épaules des deux chambériens, nous en avons connues pourtant des plus longues, des plus hautes et des plus hostiles, des galères. La semaine dernière en grimpant à Venturol et en escaladant le col des Marmets et celui du Buissonnet, nos porteurs se sont souvent arrêtés pour reprendre leur souffle et pour soulager les jambes qui n’en pouvaient mais. Justement entre les deux cols, dans un hameau perdu, le chupe a aperçu une pancarte indiquant la proximité d’une fontaine. Une dame est sortie de sa maison lui demander s’il avait besoin de quelque chose. Elle avait l’air d’être une flèche ! Elle lui a carrément dit que c’était facile là où nous allions. Sa lessive séchait sur un étendage dans la cour. Comme elle était très colorée, dans les tons rouges même les petites culottes et les soutifs, le chupe lui a demandé si c’était le jour de la couleur. Elle lui a répondu qu’il y avait belle lurette qu’elle mélangeait le blanc et la couleur. C’était bientôt midi et elle était en train de faire cuire des girolles. Ils en ramassent fin mai dans le coin. JP lui ai demandé comment s’appelait le bled qu’on apercevait en bas dans le trou, au bord de la Durance. Le “trou” ! Comment qui cause, lui a-t-elle répondu en poussant de l’épaule la Foisette pour la prendre à témoin. Un sacré personnage la mère “tape dur” ! Peur de rien…»

Sac-à-dos” ressort l’album à photos :

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“Sac a dit”  se souvient :

«A Sisteron à l’hôtel, comme tous les soirs, nous sommes restés dans la chambre. Libérés de notre contenu, nous récupérons à côté des godasses des marcheurs. Pendant ce temps nos patrons descendent manger au restaurant et ainsi ils n’ont qu’à poser leurs nus-pieds sous la table. La randonnée itinérante se doit d’être aussi un peu des vacances. Ils les méritent bien, pas vrai ? Quand ils sont remontés, ils parlaient encore d’un couple d’étrangers qui avait mangé derrière eux. Ils les avaient vus arriver en voiture et ils s’étaient descendus d’entrée un sérieux (50cl) de bière pression chacun, en terrasse. A table en apéro, un petit Martini pour ouvrir l’appétit avait suivi. En mangeant un litre de vin rouge et en digestif  un Cognac. Les deux loulous, des hollandais, n’étaient pas des perdreaux de l’année, un peu dans nos âges mais un peu plus rouges que nous… Ils ont dû probablement se coucher sans prendre la douche. Le matin quand nous sommes repartis de l’établissement sur le dos de nos deux pérégrinos, apparemment ils étaient encore au pieux. J’ai entendu le Choupe dire à la Foisette que ça faisait plaisir de voir des gens qui profitent de la vie. Mais bon ça ne fait rien, ils picolent quand même ces hollandais !»

“Sac-à-dos” vient de ressortir ce cliché pris devant deux tasses de café à l’arrivée de l’étape conduisant à Notre-Dame-du-Laus.

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“Sac a dit” que dans ces lieux religieux mythiques, il y a toujours des signes. Il a bien ressenti l’émotion  en écoutant les bonnes sœurs chanter. “Bonnes” est l’adjectif approprié pour ceux qui se souviennent qu’ils existaient des pensionnats de jeunes filles où les sœurs élevaient les enfants qui leur étaient confiés. La mère du Chupe qui n’a jamais connu la sienne était de ceux-là. Il l’a toujours entendu dire qu’elles avaient été bonnes avec elle. Surtout Pierrette et sa petite sœur qui ne repartaient jamais à la maison, même parfois pour les grandes vacances. Elle ajoutait juste qu’elle ne priait plus depuis belle lurette car elle avait été gavée de religion.  En repartant du monastère, les cloches qui sonnaient et résonnaient dans la montagne ont longtemps fait écho dans la vallée. Des images encore fraîches resurgirent et il fallut la beauté et la tranquillité de la grimpée du col du Tourrond pour se dire que le temps ne s’interrompait que l’instant d’un recueillement…

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“Sac a dit” aussi qu’il préférait les voyages en train aux voyages en autocar.

«A l’aller, le chauffeur nous enferma dans la soute à bagages. Tu parles d’une promiscuité ! Avec mon collègue nous fîmes le voyage à côté d’une grosse valise à roulettes qui nous snoba de toute sa grandeur. Au retour, le monsieur nous accepta dans l’habitacle avec les voyageurs. Quelques rangs devant nous, près du chauffeur, deux perruches faisaient les intéressantes au moindre arrêt. Elles descendaient soit-disant pour se dégourdir les jambes. Même lors d’un printemps hivernal, qu’est-ce qu’il peut y avoir comme sauterelles en chaleur ! A l’arrivée à Grenoble,  j’ai bien aimé le gars qui faisait un récital au piano. Riche idée que d’avoir ainsi enrichi les salles des pas perdus. A propos de pas perdus, il a bien fallu que l’on s’égare un peu au cours de notre pérégrination. Lorsque le duo perd le signe du GR, l’énervement qui s’en suit est tout aussi verbal que physique. On le sent bien le stress, nous là-haut sur les épaules, chahutés et balancés au gré des revirements de progression. Le meilleur moment pour les randonneurs est celui du pique-nique. Mon patron n’attendait que ce moment. Cette année Foisette lui préparait, tirées des sacs, des tomates fraîches avec des tartines de fromage de chèvre. Un régal m’a-t-il soufflé à la poche. Nous pendant ce temps, on s’embête. Après les ascensions,  nous en profitons pour sécher un peu car JP transpire beaucoup.  A la fin de l’étape de La Motte-du-Caire, nous avons essuyé une radée. C’est le seul moment où j’entends crier la patronne. Le Chupe veut toujours mettre la housse pour nous protéger avant d’enfiler les ponchos. Elle n’aime pas le procédé la Foisette. Le Chupe tremble encore de la voir menaçante jurer en levant ses bâtons au ciel. Doux blasphème qui lui coûta un acte de contrition. La belle fût graciée car elle souffrit le martyr le soir même sur la table d’opération. L’infirmier du chemin devenu docteur (miracle de l’ubérisation) l’opéra sans anesthésie. Juste un peu d’effluves ramenées du parfum exhalé des genêts en fleurs le long du chemin. Le Chupe sortit son aiguille à repriser et perça les ampoules en laissant un fil à l’intérieur pour les drainer. Le lendemain, il utilisa carrément les ciseaux pour enlever la peau devenue béante. Le troisième jour la Foisette galopait ! C’est ça aussi le miracle du grand chemin. On ne parle pas encore de canonisation  mais nous n’en sommes pas loin et le pape François a du Saint sur la planche…

“Sac-à-dos” dégote dans l’album le bonus de l’année :

Le Rocher de la Baume et la Durance au pied de leur chambre à Sisteron.

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Sac a dit” conclut :

«Entre La Motte-du-Caire et Sisteron, j’ai entendu mon maître discuter avec un cultivateur. Un costaud au gabarit de troisième ligne de rugby qui chasse le loup. Il en a marre de se faire égorger les agneaux et même les veaux. Alors il s’est armé et il cabasse. Il a bien raison ! Je l’ai entendu dire que le monde était malade et qu’il fallait être bien malin pour savoir où on allait ! Nous à la maison, on sait qu’il reste encore des projets de randos à réaliser. Comme la météo est malade également il faut être patient. On nous a pas rangé dans le placard sur l’étagère du haut, c’est qu’on va bientôt repartir. Je me méfie quand même avec mon autre compère “sac-à-dos” car tous les jours il est question de réformes et comme elles foutent le pays en l’air, va-t’en savoir !

C’est marrant mais en rando comme dans les fables de La Fontaine, tu trouves toujours un plus petit que toi. Le “sac-à-dit’’ croyait avoir eu le dernier mot. Il n’en fût rien car du placard on entendit la voix du “sac-à-dos gris” (de 30l) et des deux petits “sacs-à-dos noirs” (de 20l). C’est ceux que l’on prend pour nos voyages au bout de la France afin d’aller encourager Aix-Maurienne-Savoie-Basket. Ils font les malins car ils savent que la saison prochaine ils seront encore des expéditions pour aller soutenir notre ami Sébastien qui coachera l’équipe. Ce sont des sacs du cru, bien gris et bien noir comme à la cité qui est en plein jeun. Pour la petite histoire, ils criaient car ils voulaient nous apprendre la disparition du magazine Basket-Hebdo. J’étais abonné. Rattrapé par des réalités économiques, le journal a mis la clé sous la porte. Pour l’instant les “Cahiers de voyage et carnets de sport” tiennent le coup. Il n’est pas interdit de rêver que c’est sans doute grâce à notre principal sponsor : “Vivre de l’air du temps”…

Au moment de boucler ces lignes et de finir mon petit billet, j’ai encore entendu du bruit dans le placard. J’y suis allé. C’était le “sac-gris” qui criait encore. Lui demandant ce qui lui arrivait, il m’a dit : «T’as vu monsieur ? L’autre bouffon de Deschamps il a pas pris Ben Arfa et Benzema… » Je n’ai pas osé lui dire que ce n’était pas forcément une “Khoneri”…

Tout le monde il est gentil …

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