Notre Dame de Myans

La première chose que nous apercevons à notre arrivée à Myans, c’est la vierge dorée qui trône sur le clocher de l’église. Elle est visible plusieurs hectomètres à la ronde. Quelle merveille ! On la dirait en or. Pour la contempler nos regards convergent vers le ciel. L’église actuelle est construite au-dessus de la chapelle primitive qui abrite la vierge noire, vénérée depuis l’éboulement du Granier en 1248. La Vierge Noire, richement vêtue et couronnée, trône avec l’enfant Jésus dans la partie inférieure du sanctuaire qu’il est de coutume d’appeler “crypte”. Les nombreux pèlerins qui s’y arrêtent peuvent, en effet, en entrant, contempler du premier regard deux églises superposées. Fait rare : un seul autre sanctuaire présente cette caractéristique, c’est celui de Bethléem. Les fresques à l’intérieur de l’édifice savoyard sont magnifiques.

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Hier, sur le coup de midi, nous étions les deux seuls pèlerins à visiter les lieux qui sont chauffés. Nous avons fait brûler deux cierges, appelées aussi bougies veilleuses d’église. Une était pour Clément notre cousin qui est en voie de guérison. La veille comme tous les soirs j’avais regardé le bulletin météo. A la fin ils donnent la fête du lendemain. Hier c’était la Saint-Clément. Il est possible que certains se demandent pourquoi je fais brûler des cierges. La bougie, avant de se retrouver sur un gâteau d’anniversaire, était utilisée pour éclairer. Les cierges continuent de brûler dans les cathédrales, les églises et les sanctuaires, toutes religions et croyances confondues. Pour moi, la lumière et le feu sont des signes indestructibles. Dans les églises, en allumant un cierge, je prolonge dans le temps un souhait dont je ne peux garantir tout seul qu’il soit exaucé. J’ai besoin d’aide. Est-ce que quelqu’un là-haut m’aide ?  Des fois oui, des fois non… Je ne suis pas un accro du téléphone, tout le contraire plutôt et un  peu rétrograde même. Je m’imagine bien en indien et communiquer par signaux de fumée ne me dérangerait point. Allumer une bougie, un cierge, n’est-ce pas envoyer un signe vers ceux que j’aimerai aider.

En ressortant l’angélus a sonné sur l’air d’un Ave Maria du plus bel effet. Emouvant quand même cette sortie qu’on aurait pu croire orchestrée. Il se mit à tomber quelques gouttes. L’auberge juste à côté était ouverte mais le pèlerin mange en chemin et ce n’était pas le jour à déroger. Sans vêtements de pluie nous entamâmes la descente sur Chignin.

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Les peregrinos étaient partis le matin, à pied, de Chambéry-le-Haut. La descente sur la ville par le Lemenc avait donné le ton à cette randonnée qui se voulait “ville et campagne” réunies. C’est au parc de Buisson Rond que la piste cyclable débute. Après le passage à niveau de La Villette, l’itinéraire est coincé entre l’autoroute et la voie ferrée. Nous avons croisé un train venant d’Italie qui transportait des autos Fiat. Foisette m’a fait remarquer qu’il s’agissait de SUV (sport utile véhicule). J’ai déjà écrit que d’après mes constatations, elles sont conduites majoritairement par des chauffards anti-cyclistes. Hier c’était un cheminot qui les tractait. Le cheminot sera une race en voie d’extinction si Fillon ou Macron deviennent  président. Hier en allumant l’autre cierge je ne vous cacherai pas que j’ai demandé indulgence. J’ai peut-être même prié pour que le catho Fillon arrête de faire le facho. Oui j’ai blasphémé…

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 Pendant toute la randonnée nous avons eu le Granier près de nous. Les derniers éboulements ne peuvent plus nous cacher leurs saignées bien marquées. Le site me semble vulnérable. Espérons que l’histoire ne se répétera pas. Pour monter aux tours seigneuriales de Chignin c’est le vignoble qui a remplit notre champ de vision. Autrefois il y avait sept tours. Celle du Clos St-Anthelme est toujours debout. Le domaine est imposant. Une autre tour, en ruine,  juste au-dessus le domine. C’est à son pied que nous prendrons la pause pique-nique à l’abri du vent. Deux autres tours sont envahies par le lierre. En repartant, nous avons salué la Vierge banche protectrice des récoltes et nous sommes passés au hameau de la Plachère caché derrière un mamelon de vignes. Son église me l’a fait prendre pour le chef lieu qui est distant lui de quelques hectomètres. La Roche du Guet surveille les environs. Nous l’avions gravi en 2014, depuis la gare de Montmélian. Pour descendre sur Saint-Jeoire, il faut monter encore jusqu’au Villard qui est le fief de la famille Quenard. J’ai compté six viticulteurs portant le nom de cette enseigne. Le coin est magnifique au milieu des vignes qui ont revêtu leurs couleurs d’arrière-saison. Les caveaux et les habitations sont imposants et j’espère bien « imposées » pour que le pays puissent survivre avec la dette des régimes spéciaux… Tout ça me fait bien rire. On ne prête qu’aux riches, disait-on dans le temps… Mais attention tout le monde il est gentil, surtout sur le chemin…

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La dégringolade sur le Prieuré, sous le Mont-St Michel, est spectaculaire. L’église en pierres crépies à la chaux est très belle, perchée au-dessus de la route nationale. Dans le coin, on aperçoit les toits des nombreux lotissements de maisons ou d’immeubles construits ces dix dernières années. Le retour à la civilisation s’effectue sur la route qui mène à Challes-les-Eaux. C’est par les petites rues derrière que nous allons gagner le gymnase où nous allions jadis, trois ou quatre fois par semaine. A l’époque un des dirigeants du basket voulait que je déménage pour être plus près des “paniers” challésiens. Aujourd’hui c’est “pèlerinage”. On revient sur nos anciennes terres défendues avec tant d’ardeur. Challes c’était ses thermes, son casino, son école hôtelière et ses filles du basket, dont les miennes… Le basket à Challes c’était une armée de bénévoles, dont bibi, qui faisions réciter les fondamentaux à longueur de semaine. A l’époque je ne courais pas le chemin mais je prenais quand même le temps de chasser la bécasse. Nous étions jeunes. J’ai eu plusieurs vies…

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Hier la météo avait prédit des températures douces pour la saison. Le ressenti fut tout autre. La bise en était la cause. J’allais regretter de ne pas avoir emmené de vêtement chaud. C’est peut-être pour cette raison que notre allure fut soutenue : 18 kilomètres en 5h20, arrêt pique-nique compris. Les connaisseurs apprécieront. Je ne me suis pas encore relu et j’ai peut-être oublié de nous vanter. La bosse qui passe aux Cotes de Chignin, nous l’avons avalée avec une ardeur de cadet. Nous pensions à Lucas qui devait s’échauffer pour son cross départemental. Avec son frère Martin ils se sont bien défendus en terminant 4ème et 15ème de leur course respective. Bravo les gars ! Nous aurions dû être des vôtres sans les alertes météo qui rendaient le voyage et le séjour à Aurillac hypothétiques.

Voilà encore une rando de plus à consigner dans mes cahiers. Une fois les courbatures effacées, avec Mimi nous irons scier le bois à Marie. Il n’est jamais trop tard mais cette année il est vrai que nous ne sommes pas en avance.  Je vais garder en mémoire l’Ave Maria joué par le carillon de Myans. J’ai eu l’impression qu’il résonnait loin dans la montagne comme s’il s’envolait vers Saint-Aupre en passant par-dessus le Granier. Va falloir que nous remontions là-haut, si Dieu nous prête vie…

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Cette vidéo me rappelle énormément notre sortie de Notre Dame de Myans…

J’ai voulu partager ce moment qui te fout la chair de poule…

 

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3 commentaires pour Notre Dame de Myans

  1. VV dit :

    Beaucoup de choses sont dites et montrées dans ce billet
    … mais mon émotion à moi pas tout de suite, c’est de revoir « mon » gymnase : incroyable ! que d’heures passées dans cet antre.
    Lucas termine 4ème de la course cadets-juniors (scratch) et 3ème de la course cadets (1er première année )
    Martin termine 15ème de la course minimes et 6ème du classement première année.

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  2. charvin rené dit :

    C’ est une belle leçon d’ histoire et de géographie grace à notre ancien cheminot.J’ espère qu en passant près de la gare de Montmelian, tu as eu une pensée pour celui qui s’ est retiré des affaires depuis 2014.

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    • chupefoise dit :

      Tu m’étonnes si j’ai eu une pensée pour le René ! Son nom est indissociable de cette célèbre gare de bifurcation avec qui j’entretenais de très bonnes relations de travail. J’ai été régul « Maurienne » et lorsque nous télécommandions Bois-Plan je demandais la « flèche » à mon conscrit Pierrot Beltram. Nous étions jeunes…
      jp

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