silence on tourne …

Aujourd’hui c’est comme si j’avais tourné un film. L’histoire se passe il y a une dizaine d’années. Dans la nuit il a neigé un peu. Ce matin le sol est blanc et gelé. Le soleil est annoncé pour la mi-journée, la bise aussi. Vais-je quand même aller à la course dans la région lyonnaise ? Si le sol sèche, c’est jouable. Faut que je sois sûr de mon coup car il y a quand même 200 bornes à faire en bagnole. Finalement je me décide au dernier moment…

Souvent, les fois où il a fait froid, où il y avait du vent, où la route était humide et la météo incertaine, cela m’a réussi. Quand les conditions météorologiques étaient difficiles voire dantesques, je me suis à chaque fois échappé seul ou avec d’autres coureurs vaillants. Quand c’est dur, les suceurs de roues qu’on appelle les “ratons” en vélo, ne se battent pas pour aller te rechercher. C’est toujours avec le vent dans la gueule que je suis sorti du peloton, souvent dans un faux plat où plus personne ne voulait rouler devant. Après il faut tenir et, sur les circuits, après la portion avec vent défavorable il faut se méfier des parties avec vent dans le dos où le peloton roule toujours plus vite que les échappés. Cela ne sourit pas à chaque fois, certes. Le jour où tu vas à la “gagne” tu es dans un état second. Dans ces moments-là tu ne sens plus tes jambes et plus rien ne te fait peur…

Cet après-midi, j’ai hésité d’aller rouler. C’était ça ou j’étais bon pour une séance d’home-trainer au chaud. La route semblait avoir séché tout du moins sur mon circuit à la sortie de la Zup. Une fois parti, finalement je me suis élancé dans la descente de Ragès. La bise soufflait très fort en bourrasques glaciales et en allant à Aix, je me suis crû en course, tout seul, devant… Après avoir traversé la station thermale, j’ai longé le lac avec le vent dans le dos. Il soufflait tellement fort que j’aurais pu mettre “tout à droite”. Les feux tricolores de Chambéry ont ralenti ma progression. Une fois dans la montée du Reclus, j’ai retrouvé les coups de vent violents. Comme ma sortie était courte, j’en avais encore dans les cannes et il a fallu que je me raisonne pour ne pas accélérer…

Je venais de tourner un “court” métrage, tout seul. Je n’ai pas vu d’autres cyclistes, je n’ai croisé personne. Je n’aurais pas supporté que quelqu’un me rattrape aujourd’hui…

Je me suis fait un film… Il faut savoir prendre le bon temps pendant qu’il s’offre à toi…

                  P1180815

Publicités
Cet article a été publié dans vélo. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s