la grande messe …

                    … du dimanche matin

Cela n’arrive qu’à moi alors si je ne raconte pas, personne n’en saura rien. L’anecdote s’est passée au bord du lac ce matin. Je venais de traverser Aix et à hauteur du centre nautique un gars m’a doublé. Il ne faisait pas semblant le gazier ! J’étais bien, les cannes semblaient bonnes et surtout j’avais envie de faire le fanfaron. J’ai descendu une puis deux dents et je suis revenu dans le sillage. Je ne regarde jamais ma vitesse mais là j’ai jeté un coup d’oeil au compteur qui grimpait rapidos au-dessus de 35/38. Plusieurs gars ont été rejoints et à chaque fois mon gazier accélérait pour les passer en injection. Il savait que j’étais dans la roue car maintenant il s’occupait de mon sort et il accélérait à chaque demi-rond-point le long de la voie verte. La dernière fois que j’ai regardé mon compteur il indiquait 43 bien que nous ayons le vent dans la gueule. Et mon gazier a encore accéléré ! J’étais dans un bon jour mais il aurait peut-être pas fallu que ça accélère encore. Cependant il faut quand même rappeler que j’ai passé l’hiver en faisant du “derrière Monod” et ça mon gazier ne pouvait pas le savoir. Il a encore vissé un tour et là je vous livre la suite que je trouve impériale. Dans l’aspiration je me suis approché à côté de lui et je lui ai dit : «Ne te fais pas mal pour rien, t’arriveras pas à me faire sauter !» Le gars surpris de mon intervention a tourné la tête pour me regarder et j’ai rajouté : « En plus ce n’est pas flatteur pour toi car je vais bientôt avoir 68 ans.» Il a eu un petit sourire ennuyé et il m’a dit que je ne faisais pas mon âge. Alors j’ai porté l’estocade et je lui ai dit : «A ton âge quand je doublais un ancien, j’disais toujours bonjour.» Il m’a répondu gentiment qu’il m’avait dit bonjour mais qu’avec ma cagoule je n’avais pas dû entendre. Il m’a quand même pris pour une buse parce qu’il n’avait pas plus dit bonjour aux trois ou quatre mecs que nous venions d’avaler. Du coup, calmé et surtout désemparé, il a levé le pied et ne savait plus comment s’y prendre pour me charrier sur son porte-bagages. A vue de nez comme ça il devait avoir 45 ans. C’est dur de donner un âge car ces couillons de jeunes se laissent pousser la barbe qui est souvent déjà poivre et sel. Je n’arrive pas à savoir s’ils veulent faire mature ou viril. En plus qu’est-ce que c’est vilain un cycliste barbu ! De mon temps ça n’existait pas.  Arrivés à un rond-point nos routes se sont séparées. J’étais content de moi et de la leçon que je venais de donner. Attention il n’y aucun mal à vouloir à tout prix rouler sans supporter quelqu’un dans la roue, mais c’est la façon de faire qui m’insupporte. Il y a une dizaine d’années je lui aurais mis un sac mais maintenant je me méfie des retour de manivelles. J’espère que cela lui aura servi de leçon mais allez savoir comment il va narrer l’histoire, lui.

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En rentrant sur Chambéry, je suis passé à Cognin et j’ai pris un moment la route du col de Couz. J’avais récupéré et ce n’est pas l’envie d’aller à St-Aupre qui me manquait mais mon estomac m’a rappelé qu’il était bientôt l’heure du déjeuner. Il n’y a plus beaucoup de curés pour dire la messe le dimanche matin. Alors je me la fais tout seul avec la prêche qui convient, suivant les circonstances ou l’actualité. Mon truc en ce moment c’est la découverte de nouveaux monastères. J’en ai dégôté encore un  du côté de St-Laurent. C’est un couvent de bonnes sœurs. Foisette m’assure que j’y suis déjà allé à vélo un été depuis St-Aupre. J’m’en souviens pas ! J’ai des trous de mémoire et en plus le gars de ce matin m’a presque fait comprendre que j’étais sourd. Fait pas bon vieillir ! Vous le dites pas à la Foise mais au-dessus du couvent j’ai trouvé un chemin qui traverse la montagne. J’vais négocier mais ce n’est pas tous les jours facile de convaincre qu’on peut encore servir de guide, même avec une jeune qui accepte encore de rester dans le sillage…

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Le dimanche à la cité, pas facile de circuler. Avec le marché, comme pour une course cycliste, les rues sont barrées. J’ai eu du mal à retrouver l’endroit où il faut rendre les dossards. Foisette ma compagne qui habite aussi là-haut, m’a guidé de son balcon.

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La semaine prochaine je préparerai un sermon sur “l’imagination”. Le domaine est immense. Je sais déjà comment je vais le conclure. : « Vaut mieux raconter des histoires que dire du mal de son prochain !» Ce n’est pas l’imam du coin qui me contredira. En attendant j’espère qu’il ne me trouve pas trop vantard. Ceux qui me connaissent savent que mon récit ne peut être qu’authentique.

Tout le monde il est gentil, même mon gars de ce matin…

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